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Logement

Loyer impayé : que faire ? Les étapes côté propriétaire

Un locataire ne paie plus son loyer : que faire, dans quel ordre ? Relance amiable, mise en demeure, garant, CAF, assurance loyers impayés, commandement de payer et clause résolutoire, étape par étape.

2 juillet 2026 · Jean-Dominique Casanova

Cet article détaille la marche à suivre face à un loyer impayé, côté propriétaire, de la première relance jusqu'à la procédure judiciaire. Pour rédiger le courrier, utilisez le générateur de relance loyer ; pour le contenu du courrier lui-même, voyez le guide de la relance pour loyer impayé.

Un loyer qui n'arrive pas, c'est d'abord un trou dans la trésorerie, surtout quand le loyer rembourse un crédit. Le réflexe à avoir : agir vite, mais dans l'ordre. La procédure française est très balisée, et brûler les étapes (ou pire, se faire justice soi-même) affaiblit votre dossier. Voici l'escalade complète, du simple rappel au commandement de payer.

L'escalade en un tableau

ÉtapeQuandForme
Relance amiableDès les premiers jours de retardAppel, e-mail ou courrier simple
Mise en demeureAprès 8 à 15 jours sans réponseLettre recommandée avec accusé de réception
Actionner le garantEn parallèle de la mise en demeureLettre recommandée au garant
Signalement CAF ou MSADès que l'impayé est constitué, si le locataire touche une aide au logementDéclaration à la caisse
Assurance loyers impayésSelon les délais du contratDéclaration de sinistre
Commandement de payerSi l'impayé persisteActe de commissaire de justice
Juge des contentieux de la protectionAprès l'échec du commandementAssignation par commissaire de justice

Étape 1 : la relance amiable

Dans la majorité des cas, un impayé est un accident : prélèvement rejeté, changement de banque, coup dur passager. Commencez donc par un contact simple et courtois, par téléphone ou par écrit, dès les premiers jours de retard. Restez factuel : la période concernée, le montant dû, la date d'échéance prévue au bail.

Si le locataire traverse une difficulté réelle mais temporaire, proposez un plan d'apurement écrit : un échéancier qui étale la dette sur quelques mois, en plus du loyer courant. Un accord amiable signé vaut souvent mieux qu'une procédure de dix-huit mois.

Étape 2 : la mise en demeure

Sans régularisation ni réponse sous une à deux semaines, passez au courrier formel : la mise en demeure de payer, envoyée en recommandé avec accusé de réception. Elle rappelle le détail des sommes dues (loyer, charges, période), fixe un délai impératif de paiement (huit jours est un délai courant) et annonce les suites en cas d'inaction.

Ce courrier n'est pas qu'un geste d'humeur : il date officiellement le litige, interrompt la relation de confiance sur des bases claires et constitue une pièce essentielle du dossier si l'affaire finit devant le juge. Le guide de la relance loyer détaille les mentions à faire figurer, et le modèle de relance génère le courrier en PDF, du simple rappel à la mise en demeure.

Étape 3 : actionner le garant et l'assurance

Si le bail est couvert par une caution (un garant), ne tardez pas à l'informer : envoyez-lui, en recommandé, une copie de la mise en demeure en lui demandant de régler les sommes dues conformément à son engagement. Le garant est tenu dans les limites de l'acte de cautionnement qu'il a signé, et il est souvent le meilleur levier de régularisation rapide : personne n'a envie que la dette de son proche devienne la sienne.

Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI), relisez immédiatement les conditions du contrat : la plupart imposent des délais stricts pour déclarer le sinistre et une chronologie précise de relances préalables. Une déclaration tardive ou une étape sautée peut réduire, voire faire perdre, l'indemnisation. Rappel utile : la GLI et la caution ne se cumulent pas, sauf pour un locataire étudiant ou apprenti.

Étape 4 : la CAF, un passage souvent obligatoire

Si le locataire perçoit une aide au logement (APL ou allocation logement), le bailleur a l'obligation de signaler l'impayé à la CAF (ou à la MSA) dès qu'il est constitué, c'est-à-dire, en pratique, lorsque la dette atteint l'équivalent de deux mois de loyer.

Ce signalement n'est pas une punition pour le locataire, au contraire : la caisse peut maintenir l'aide au logement en la versant directement au bailleur, et elle accompagne la mise en place d'un plan d'apurement. Pour le propriétaire, c'est un flux de trésorerie partiellement rétabli ; pour le locataire, c'est un filet qui évite l'aggravation de la dette. Ne pas signaler l'impayé expose en revanche le bailleur à des sanctions et complique la suite de la procédure.

Étape 5 : le commandement de payer et la clause résolutoire

Si l'amiable a échoué, place au contentieux. La quasi-totalité des baux d'habitation contient une clause résolutoire : elle prévoit la résiliation automatique du bail en cas d'impayé, à condition de suivre un formalisme précis.

Première étape obligatoire : faire délivrer au locataire un commandement de payer par un commissaire de justice (ancien huissier). Ce document laisse au locataire un délai de six semaines pour régler sa dette ou saisir le juge d'une demande de délais de paiement. Il mentionne aussi la faculté de saisir le fonds de solidarité pour le logement (FSL).

Deux issues possibles :

  • le locataire paie dans le délai : le bail continue comme si de rien n'était ;
  • la dette persiste : vous pouvez assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion, en sachant que le juge peut encore accorder des délais de paiement et que la trêve hivernale suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars.

La procédure complète, du commandement à l'expulsion effective, se compte en mois. C'est précisément pour cela que les étapes amiables des premières semaines, relance, garant, CAF, sont si importantes : c'est là que la plupart des impayés se règlent.

Ce qu'il ne faut jamais faire

Face à un impayé qui s'éternise, certains propriétaires sont tentés de reprendre les choses en main. Trois interdits absolus, constitutifs d'infractions pénales :

  • changer les serrures ou empêcher l'accès au logement ;
  • couper l'eau, l'électricité ou le chauffage pour faire partir le locataire ;
  • entrer dans le logement sans l'accord du locataire, même pour « constater » son départ.

Une expulsion ne peut être réalisée que par un commissaire de justice, muni d'une décision de justice, avec le concours de la force publique si nécessaire. Toute voie de fait vous exposerait à des poursuites et pourrait transformer un dossier gagné d'avance en condamnation contre vous.

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour réclamer un loyer impayé ?

L'action en paiement des loyers et charges se prescrit par trois ans, y compris après le départ du locataire. Conservez soigneusement le bail, les relances et le décompte des sommes dues : et rappelez-vous qu'une quittance ne se délivre qu'après paiement complet (générateur de quittance de loyer).

Le locataire est parti sans payer : la procédure change-t-elle ?

Si le locataire a quitté les lieux, l'expulsion n'a plus d'objet mais la dette demeure. Vous pouvez agir en paiement contre lui et contre son garant, dans le délai de prescription de trois ans, au besoin par une injonction de payer.

Puis-je retenir le dépôt de garantie pour couvrir l'impayé ?

À la fin du bail, le dépôt de garantie peut être imputé sur les sommes restant dues (loyers, charges, réparations justifiées). En cours de bail, en revanche, il ne remplace pas les loyers : un locataire ne peut pas « payer » son dernier mois avec le dépôt de garantie, ni le bailleur s'en servir comme trésorerie.

Le nerf de la guerre, c'est la réactivité des deux premières semaines. Dès le premier loyer manquant, envoyez une relance datée : le modèle de relance loyer impayé génère en quelques minutes un courrier en PDF, du rappel courtois à la mise en demeure, et le guide dédié vous accompagne pour la suite.

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